Les différentes façons de consommer le thé dans l'histoire

Les différentes façons de consommer le thé dans l'histoire

Le thé conquiert la Chine grâce à ses vertus médicinales et entre dans la composition de différents remèdes (digestion, longévité, cicatrisation). Son champ d'application est très large.
Au cours de son histoire le thé a été consommé de différentes manières.

Sous la dynastie Tang (618-907), le thé est bouilli, mélangé à des épices, des fleurs ou des légumes, puis compressé en galettes dans différents moules. Il devient aliment et fait l'objet d'échanges avec des peuples nomades (mongols, tibétains, turcs). Le thé se répand dans toutes les couches de la population. Cette boisson est une source d'inspiration pour les poètes et les artistes, tandis que les intellectuels et les moines le codifient et l'inscrivent dans le droit fil de la doctrine taoïste.
Le tout premier ouvrage sur le thé date de cette période. Le Classique du thé a été écrit par Lu Yu (733-804) en 780. Il fut le premier maître de thé dans l'histoire. Son livre aborde toutes les questions relatives au thé. C'est un véritable livre pratique et une source historique très précieuse. Lu Yu est surnommé le "Saint du thé" par les historiens chinois qui respectent et vénèrent ses écrits.

Plus tard, sous la dynastie des Song (960-1279), l'art du thé évolue. C'est à cette période que l'empereur Huizhong impose la cueillette impériale effectuée par des vierges gantées de blanc, qui ne prélèveront que les plus tendres bourgeons avec des ciseaux d'or. Les notions de grade et de qualité apparaissent. Dans l'immense majorité du pays, le thé se transforme. Il n'est plus seulement présenté sous forme de galette mais est désormais réduit en poudre grâce à des meules en pierre puis battu dans des bols à l'aide d'un petit fouet de bambou, jusqu'à ce qu'une "mousse de jade" apparaisse. L'ancêtre du thé matcha était né.

L'invasion de l'empire par les troupes mongoles de Gengis Khan à la fin du treizième siècle, marque un coup d'arrêt dans la diffusion du thé, qui ne reprendra qu'à la restauration de la dynastie chinoise des Ming (1368-1644). On constate un changement majeur dans la préparation du thé. Un décret de l'empereur Zhu Yuangzhang ordonne la cessation du thé en galette, jugée trop pénible pour les paysans. Le thé est alors infusé, ce qui induit des transformations nouvelles. C'est à cette période que la théière et les objets du thé, la céramique et la porcelaine apparaissent avec un grand degré de raffinement.